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Forêt NoireLe 7 décembre 1980, 17 heures
Oh ! mon enfant admirable, magnifique, tu es mort comme un roi, fier et grand, pourtant si gentil et si bon en dépit de tous les tourments, des tuyaux dans les veines et les artères, malgré l'intubation, malgré le terrible décubitus. A la vilenie et à la méchanceté de tes bourreaux, tu t'es contenté de répondre par un hochement de tête : " Papa, ils sont méchants, très méchants. " Au cours des derniers jours tu n'as plus parlé qu'avec les yeux ; mais j'ai compris chacune de tes paroles silencieuses. As-tu compris, toi aussi, ce que je t'ai dit encore, à la fin, que Papa et Maman t'aiment infiniment et que nous resterons toujours ensemble, que nous ferons tout ensemble ? Et qu'il va falloir à présent que tu sois bien fort, bien courageux pour entrer dans un long sommeil ? Tu as approuvé d'un signe de tête et je suis sûr que tu as tout compris, malgré ton agonie. Une fois seulement, alors que tu avais déjà fermé les yeux et que tu sentais mes larmes sur ton visage, que tu m'entendais sangloter, tu as remué la tête, comme pour dire : " Papa, il ne faut pas pleurer, nous restons toujours ensemble ! " Je n'ai pas honte, mon garçon. Je pleure si souvent, quand personne ne me voit. Ne m'en veux pas. Je sais, tu n'as encore jamais vu pleurer ton père. Mais à présent, je suis ton apprenti, je suis triste, mais fier de toi, en pensant avec quelle dignité tu nous a précédés à travers la grand porte de la mort. Mais cette fierté elle-même ne peut apaiser mon désespoir, lorsque chaque nuit tu meurs de nouveau dans mes bras et me laisses seul et désespéré derrière toi. Ryke Geerd Hamer.
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